Il y a ceux qui sont de la première heure et ceux qui viennent ensuite. C’est comme il y a quelques mois après les attentats « de Charlie », en janvier dernier. Spontanément les parisiens sont allés se rassembler sur la Place de la République pour y déposer quelques fleurs, bougies, et se recueillir tous ensemble.

A l’époque nous étions tous stupéfaits que des terroristes osent venir dans ce pays. Jusque là les catastrophes que l’on voyait passaient à la télévision, on savait que cela existait, mais qu’en même temps c’est loin. Très loin.

Voila que le vendredi 13 novembre 2015 c’est reparti : plus meurtrier encore, plus barbare. En écrivant ces lignes nous en sommes à un total de 129 morts, et c’est certainement sans compter les victimes qui sont actuellement en soins intensifs dans les hôpitaux. Je publiais d’ailleurs un billet sur le sujet le lendemain de cet acte odieux.

Lundi matin, aujourd’hui, je suis allé voir ce qui se trouvait encore sur la Place de la République. Pas par curiosité malsaine mais par besoin, par nécessité. Le besoin d’être passé là, moi aussi, d’avoir pu participer à cet élan d’unité. J’y vais tardivement car je réside loin, je viens à Paris pour le travail, et le matin c’est le moment ou il règne encore assez de calme pour pouvoir penser en paix. Ou plutot cesser de penser. Sur place des dizaines de personnes sont présentes. Nous avons tous les yeux rougis et les regards sont dans le vide. Les regards ne se croisent pas. Ici et là des personnes viennent déposer quelques fleurs. Je viens pour rallumer les bougies de la nuit, pour que la flamme tienne encore durant la journée. Le maximum de contacts humains que j’ai eu c’est quand une dame m’a demandé si je voulais bien lui prêter mon briquet pour qu’elle puisse allumer sa petite bougie. Le silence.

Face à la statue centrale se tient un mur immense avec la devise de la Ville de Paris « Fluctuat Nec Mergitur ». Et ce matin, partout autour, des journalistes. Les télévisions du monde entier ont semble-t-il publié régulièrement pendant la nuit des images de cette place. J’ai moi-même pris quelques photos pour le journal avec lequel je travaille occasionnellement.

Ce matin tout était calme. La tristesse était encore dans les cœurs puis le soleil s’est levé.

C’étaient eux, c’était nous.

4 thoughts on “Bougies et recueillement – Place de la République, 16/11/15”

  1. De tout coeur avec toi, bien que « pray for Paris » ne nous appartienne pas même si c’est plein de bonne intention, c’est lié à la culture anglo-saxonne qui n’est pas dans la séparation de l’Eglise et de l’Etat.
    Je ne sais pas si tu as la possibilité de retirer cette étiquette.

    Il est vrai que nous sommes dans le silence, le manque de mots pour dire le pire, derrière cela je crains une grande violence que je perçois dans les lieux publics très fréquentés, elle est intrinsèque mais très présente.

    1. Là tout de suite vois tu j’ai fait le choix d’afficher les deux bandeaux. Tu connais mon à version pour le religieux (donc quelque part pour le « pray ») mais j’ai des visiteurs du monde entier sur ce site et je me dis que le but c’est que ça ne laisse pas tout le monde indifférent.

  2. Je pense aux victimes innocentes,à leurs proches qui sont dans la peine.J’ai vu,bien sûr à la TV,de nombreuses personnes qui venaient se recueillir en face du Bataclan et aux autres endroits atteints par les divers attentats.Je suis belge et quelque part,les terroristes proviennent peut-être d’une commune de Bruxelles?Ils sont partout et personne n’est à l’abri.Je suis de tout cœur avec les Français,avec les Parisiens………..mais le silence vaut mieux que les mots. ♥

    1. Merci pour tout ton soutien. Je pense que tous les pays, tous les humains en général sont solidaires dans ce genre d’épreuve. Aujourd’hui c’est ici mais ca aurait pu être ailleurs. Merci à toi.

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